Le stress de la vie

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Stress sans détresse, Dr Hans Selye, pages 32 à 36, ISBN 0-7777-0095-6

Ce que le stress n’est pas

Étant donné que le terme de stress est souvent employé à tort et a travers, de nombreuses définitions contradictoires en ont été données ; c’est pourquoi il semble utile d’apporter quelques remarques spécifiant clairement ce qu’il n’est pas.

Le stress n’est pas seulement de la tension nerveuse.

Il importe de mettre l’accent sur ce fait, puisque la plupart des profanes et même de nombreux scientifiques ont tendance à mélanger stress biologique et épuisement nerveux.

Il est important de garder à l’esprit que les réactions au stress apparaissent même chez les animaux qui n’ont pas de système nerveux (méduses, mollusques, etc.), de même que chez les plantes.

Situation plaisante ou déplaisante

Le caractère plaisant ou désagréable d’un stresseur est sans importance; son effet dépend simplement de l’intensité de la demande faite à la capacité d’adaptation du corps. N’importe quelle forme d’activité normale, partie d’échecs ou même étreinte passionnée, est capable de produire un stress considérable sans occasionner aucun effet nuisible.

Du point de vue de l’activité  du stresseur, le fait que l’agent (ou situation) que nous rencontrons soit plaisant ou désagréable n’est d’aucune importance; la seule chose qui compte c’est l’intensité de la demande de rajustement ou d’adaptation.

La mère à laquelle on apprend que son fils unique vient d’être tué au combat reçoit un choc mental terrible; si des années plus tard, ce fils surgit devant elle, elle éprouve un bonheur indéfinissable. Les résultats spécifiques de ces deux événements, désespoir et joie, sont totalement différents (en fait opposés l’un à l’autre) et cependant leur effet de stress (demande non spécifique d’adaptation de cette mère à une situation entièrement nouvelle) peut être identique.

Détresse

Le stress désagréable ou nuisible est la détresse. C’est par la voie du vieux français et du moyen anglais que le mot stress est – on le prétend – entré dans l’usage courant en Angleterre pour devenir “distress” « détresse ». La première syllabe a dû être escamotée par une mauvaise articulation, “distress” est devenu stress. Pourtant le sens des deux mots est totalement différent. L’activité associée au stress peut être plaisante, la détresse est toujours désagréable ou pénible.

Le stress n’est pas à éviter

Il est clair qu’on ne peut éviter le stress. Dans le langage de tous les jours, lorsqu’on dit d’une personne qu’elle “fait du stress“, cela signifie qu’elle subit un stress excessif, c’est à dire elle est en détresse. Tout comme le fait de dire “il fait de la température” souligne une température anormalement élevée, c’est-à-dire de la fièvre. Or, une quelconque production de chaleur est essentielle à la vie.

Quoi que vous fassiez, et quel que soit l’évènement qui vous arrive, il se produit toujours en vous la demande d’énergie nécessaire au maintient de la vie, à la résistance aux agressions et à l’adaptation aux influences extérieures sans cesse changeantes. À l’heure de la plus complète détente, et même pendant le sommeil, vous êtes encore et toujours sous stress. Votre cœur doit continuer à pomper le sang, vos intestins doivent digérer le repas du soir et vos muscles doivent mouvoir votre poitrine pour assurer la respiration. Même quand vous rêvez, votre cerveau n’est pas au repos.

L’absence complète de stress est la mort.

Bien que le niveau de stress physiologique soit plus bas au cours de l’indifférence, elle ne tombe jamais à zéro (ce serait la mort).

Quelle soit plaisante ou désagréable, la poussée émotionnelle est accompagnée d’une augmentation de stress physiologique, qui n’est pas nécessairement de la détresse.

Si nous devons, ni ne pouvons éviter le stress, nous pouvons, par contre, apprendre à nous en accommoder et même à le trouver agréable, à la condition toutefois de mieux connaître ses mécanismes et d’ajuster en conséquence notre philosophie de la vie.

 

 

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