Le drame des dirigeants irremplaçables

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Nous connaissons tous l’adage « Il n’y a personne d’irremplaçable ». Dans les faits, il y a des personnes tellement difficiles à remplacer, que nous les étiquetons comme “irremplaçables “. Vous en connaissez certainement un.

Il y a ceux  qui sont devenus irremplaçable parce qu’ils ont accompli ce que personne avant eux n’avait réussi à accomplir et ceux qui sont devenus irremplaçable parce qu’ils ont pratiqué la rétention d’informations importantes, tout en s’assurant de ne pas avoir de relève. Je sympathise avec les premiers, je me fous complètement du sort des deuxièmes. Bien fait pour eux!

Le drame des irremplaçables vient du fait que leur direction ne peut prendre le risque de leurs donner un autre poste. Ayant bâti leur poste sur eux-mêmes, sur leurs capacités, sur leurs connaissances, ils se sont rendus difficilement remplaçables. Personne d’autre ne peut, ni ne veut occuper leurs fonctions.

Un cas vécu

Pour mieux illustrer ce qui arrive à un gestionnaire ayant le malheur d’être étiqueté comme “irremplaçable“, je vais partager avec vous un cas vécu. Celui de mon ami Claude.

D’entrée de jeux, je précise que Claude, n’est pas du genre à pratiquer la rétention d’informations pour s’assurer de garder son poste.

Point d’information

Contrairement aux établissements d’enseignement de niveau primaire et secondaire qui occupent des postes de dépenses, les établissements d’enseignement aux adultes génèrent des revenus importants aux commissions scolaires de la province de Québec.

Mise en situation

Il y a une dizaine d’années, Claude a été embauché comme directeur d’un important centre de formations professionnelles aux adultes. Plus précisément, le Centre propose des cours permettant l’apprentissage de métiers de la construction.

Le Centre avait vu passer, successivement, quatre directeurs, sur une période de huit années, tous s’y étaient cassés les dents. D’année en année le nombre d’élèves diminuait. La cause, une guérilla pour le pouvoir entre la Commission scolaire, les divers syndicats de la construction et la Commission de la Construction du Québec (CCQ).

En acceptant ce poste, Claude devenait le cinquième directeur en huit ans. Fin stratège, possédant une grande habilité politique et un talent de négociateur hors du commun, Claude à su obtenir le leadership des trois les parties en litige. Résultat, la clientèle du Centre a rapidement augmenté, jusqu’à atteindre la pleine capacité. Depuis ce temps, Claude mène le navire à bon port et des revenus importants sont au rendez-vous, année après année.

Dix ans après son arrivée au Centre, un poste s’est ouvert à la direction générale de la Commission scolaire. Claude s’est empressé de soumettre sa candidature. À la fin des entrevues de sélection, deux candidatures furent retenues. Celle de Claude et celle d’une directrice d’école secondaire.

Vous avez certainement deviné, le poste a été octroyé à la directrice. Plusieurs diront que c’est injuste, pour ma part je cautionne leur choix. Non pas parce mon ami n’avait pas le profil, mais parce qu’il était le plus difficile à remplacer.

Les dirigeants de la Cs ne pouvaient pas prendre le risque de lui donner ce poste. Il avait réussi où les autres avaient échoué. Grâce à lui, le Centre avait retrouvé sa rentabilité et apportait une aide financière importante à la Cs. Aucun autre directeur de la Cs, ne pouvait, ni ne voulait occuper le poste de directeur de ce Centre.

Heureusement l’histoire ne se termine pas ici

Quelques jours après cette mauvaise nouvelle, j’ai dîné avec mon ami Claude. Notre discussion a bien sûr glissé vers le sujet.

Je lui ai fait part de ma position. Je lui ai conseillé d’embaucher rapidement un adjoint et de le former pour qu’il soit en mesure de le remplacer au pied levé. Ce n’est qu’à cette condition qu’il redeviendra “remplaçable”, lorsqu’un nouveau poste intéressant s’ouvrira à sa Commission scolaire.

Comme Claude est un gestionnaire auto-apprenant, il a depuis deux ans un adjoint, dont il est le mentor. D’après mon ami, son adjoint est sur la bonne voie.

Conclusion

Si vous êtes irremplaçable et que votre poste vous convient, si vous ne visez pas plus haut, ne  changez rien à façon de faire: « Vous êtes sur la bonne voie! ». Mais, si vous désirez avoir une promotion, améliorer votre sort: « Organisez votre départ! » .

Vous avez des commentaires, écrivez moi au: charlesdugas70@gmail.com