UNE DIMENSION TROP SOUVENT OUBLIÉE DANS L’ART DE COMMUNIQUER

CommunicationLorsqu’il est temps d’aborder la communication, la majorité des écoles de gestion forment les futurs gestionnaires à l’aide d’analogies mécaniques tel que : vous (l’émetteur) transmettez un message à lui (le récepteur). Effectivement pour une radio, ça marche très bien. Il faut quand même émettre sur la bonne fréquence.

Cette analogie mécanique induit souvent la croyance suivante : si le message est bien campé et bien ficelé, la communication fonctionnera bien. D’ailleurs presque tous les écrits sur la communication traitent des qualités de communicateur que doit acquérir l’émetteur et surtout, comment il doit rédiger son message.

Cependant, les dirigeants expérimentés savent que ce n’est pas simple. La communication est un processus complexe :

  • Au premier degré, tout message, quoi qu’il contienne est porteur d’informations et d’émotions.
  • Au deuxième degré, tout message confirme l’identité du récepteur et surtout son statut personnel et hiérarchique.
  • Au troisième degré, la réceptivité de L’interlocuteur dépend de plusieurs vecteurs sociaux et situationnels.

Et c’est cette réceptivité qui est, selon moi, le nœud du problème en communication.

Une fois lancé, le message doit être reconstruit par l’interlocuteur. C’est alors que de nombreux facteurs entrent en jeu : le non verbal de l’émetteur, son intonation, la cohérence de son message, les émotions qu’il déclenche par les mots employés, la vision du monde du récepteur, sa vie personnelle et professionnelle, etc.

Selon moi, rare sont les écoles qui enseignent l’art de développer une habileté des plus importante en communication « l’empathie pour le récepteur ». C’est-à-dire, construire le message en se demandant : Comment puis-je déclencher la réceptivité chez le récepteur? Va-t-il comprendre les mots utilisés? Quelle est le climat actuel dans l’organisation? Quelle est la situation personnelle et professionnelle du récepteur? Quelles sont les émotions que ce message déclenchera chez lui? Et surtout, dois-je réellement passer ce message?

Rédiger notre message en nous servant de l’effet miroir : pour entrer en empathie avec le récepteur, pour essayer de se mettre à la place de celui-ci, pour expérimenter nos émotions comme si nous étions nous même dans sa situation. C’est, selon moi, le levier qui permet l’émergence de la réceptivité chez l’autre.

« Dans la communication, le plus compliqué n’est ni le message, ni la technique, mais le récepteur » – Dominique Wolton.

« L’important n’est pas ce que je dis, l’important c’est comment c’est compris. » Le père de mon père.